GRAND PERE
La réalité de ta mort m'a fait revivre de nombreux moments
d'enfance oubliés.
J'ai partagé avec toi, Pépe Créqui, quelques jour de ma vie.
Vacances pour moi ; Labeur pour toi.
D'un seul coup, j'ai senti le souffle de la forge,
L'odeur de la corne brulée.
Alors que toi,
Marechal-Ferrant,
Tu chaussait de neuf le cheval entravé dans ses cordes,
Je t'obesrvais,j'apprenais.
Toi, le grand- pére décideur,
Donnait le coup de grace au cochon dans la cour!
Mais, je te vois aussi,
Quand de nombreuses fois
Tu aidais les betes à donner la vie.
Dbout le jour comme la nuit,
Suivant l'appel, les tyrannies
De la nature.
Je vois l'ecuelle de lait poséee
Au fond de la salle de traite,
Pour les chats.
J'entends encore ta voix criant:
(Allez ! Hue donc ! pousse toi de ' la !)
pour faire avancer les betes.
Je t'entends chanter aussi
Dans les mariages et les fetes de famille.
Je te voit riant,
Jouer à la manille.
Et je vois mes racines qui m'ont conduites à la vie
S'enfoncer doucement dans le sol de l'oubli.

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