Bizbiz l'abeille
Bizbiz la jeune abeille
A toute autre pareille,
Hardie au labeur
Dans son étroit tailleur,
Sous l'oeil preste du bourdon
Butinait avec application
Une primevère fraîchement éclose
Fleurissant gaiement à côté d'une rose .
Dans cette ruche unie
Très bien organisée
Quiconque y a sa place
Un rôle pour chacun.
Du soir au matin
Besognant en masse
Les ouvrières rayées
Ne flânent pas au lit.
Elle est célèbre cette ruche
Cette grande entreprise
Parvenue sans embûches
A avoir la main mise
Sur les plus belles fleurs
D'un gigantesque secteur.
Renommée pour son miel
Et toute sa kyrielle.
Bizbiz, laborieuse,
Diligente, récoltait
Sa moisson de pollen
Volant toute exaltée
Jusqu'à en perdre haleine
De la mauve scabieuse
A la tendre pensée
Frôlant les hautes haies.
Quand soudain
Surgi de nulle part
Un énorme cheval
Suivi de son poulain
Déboula en aval
Sans même crier gare.
La heurta de plein fouet
Elle tomba sur le pré.
Les journalières bondirent
leurs nettes coiffes blanches
posées tout de guingois
en biais sur leurs antennes
hurlant on ne sait quoi
elles ont bien trop de peine
telles des avalanches
et redoutant le pire.
Abîmée de douleur
Elle ne peut travailler
Mais comble de l'horreur
N'est pas dédommagée
Accident du travail !
Crient en choeur les ouailles
Mais rien n'est accepté
Et la grève est lancée !
Grève sauvage hirsute
Tout le monde se dispute !
Les esprits s'arc-boutent
C'est l'emminente déroute
A grands coups de pressions
Vient la désorganisation
Utilisant la force
Tout est bien vite atroce
La reine est affamée
Son ventre devient stérile
Couveuses abandonnées
Détruites, inutiles
Le bourdon qui s'enfuit.
A la faveur de la nuit
Tout se désespère, renâcle
Bientot c'est la débâcle ....
Et puis ce n'est pas tout !
Les fleurs abandonnées
N'étant plus déflorées
Ne peuvent plus reproduire
Leurs humeurs parfumées
Et s'éteignent partout
Plus de gènes à leur race
Ne laissant aucune trace.
Tout est calme alentour
Mais la grève a gagné
Au nom de la solidarité
Il ne reste qu' un vautour
Bizbiz est guérie
Mais n'a plus de maison
Les mille et une envies
Ne sont plus de saison
Mesdames et messieurs
Réfléchissez auparavant
Ne fermez pas les yeux
Regardez plus avant
Pensez aux conséquences
D'une telle impudence
Restez tous vigilants
A bien être gagnants

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