BOXEUR
Toi ,mon frére qui t'affaisse sous mes coups
répétés, je t' aime.
De haine je n'ai point.
Mes poings frappent mon coeur qui souffre, moi le
boxeur.
Nos corps méles par la sueur, nuos sommes unis
dans une souffrance désespérée, inutile.
Nous ne sommes plus q' une masse informe.
Nos cerveaux valdinguent dans nos cranes au son
des crécelles de lépreux.
Le bruit mat des chocs est étouffé par les cris
vengeurs de la foule.
Tes traits s'éffacent devant mes yeux brouillés.
Je regarde, étourdi,mes mains gantées tachées de
sang et toi,dans une ultime myriade de couleurs, tu
sombres dans le noir bienheureux du néant, dans
l'insouciance de l'oubli, les yeux barrés de tout
souci, toi, le boxeur.
 
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